Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.
Tas de chaussures de prisonniers du camp de concentration nazi d'AuschwitzTas de chaussures de prisonniers du camp de concentration nazi d'Auschwitz

Quand le monde a découvert les chambres à gaz

Les 26 et 27 février, le colonel Lev Smirnov, assistant du procureur soviétique, a lu un rapport sur l’occupation de l’URSS. Durant son discours, il a convoqué des témoins –citoyens soviétiques et polonais– qui avaient vécu ce qu’ils ont raconté au tribunal: meurtres de femmes et d’enfants par les nazis, traitement avilissant des prisonniers, enfer des ghettos juifs et des camps de la mort, destruction des monuments culturels.

Reportage de Mauthausen: une pellicule volée comme preuve du génocide

Le tribunal de Nuremberg a entendu des témoins originaires de différents pays d'Europe: c'étaient des prisonniers qui ont réussi à survivre dans les camps de concentration nazis. Leurs témoignages étaient dans leur majorité consacrés au camp autrichien de Mauthausen qui avait été un camp exemplaire du Troisième Reich. Le tribunal a non seulement entendu les témoignages des anciens prisonniers, mais a également examiné des photos uniques que les Allemands avaient prises à des fins internes. Des prisonniers ont réussi à voler les clichés et à les cacher avec l'aide d'habitants locaux.

Sélection de la langue