«Je n'ai parlé à personne du procès» - partie 2

Serafima Ponomareva, étudiante du MGIMO, a été au front, a laissé sa signature sur le mur du Reichstag et a travaillé comme interprète au procès de Nuremberg à l'âge de 18 ans. Aujourd'hui, elle en a 94. Elle a partagé ses souvenirs avec le projet «Nuremberg. Le début de la paix». Nous présentons sa version des événements sans corrections et dans leur intégralité: comme elle s'en souvient. Aujourd'hui, voici le deuxième épisode du cycle multimédia sur cette interprète. Découvrez comment Serafima Ponomareva s'est retrouvée au procès des criminels nazis dans le premier épisode.

«Je n'ai parlé à personne du procès» - partie 1

Serafima Ponomareva, étudiante du MGIMO, a été au front, a laissé sa signature sur le mur du Reichstag et a travaillé comme interprète au procès de Nuremberg à l'âge de 18 ans. Les événements de cette période de sa vie sont encore vivaces dans sa mémoire, alors qu'elle a 94 ans. Nous avons filmé et mis par écrit son histoire. Nous présentons sa version des événements passés sans corrections et dans leur intégralité, comme elle s'en souvient. Aujourd'hui, voici la première partie du cycle multimédia sur cette interprète.
Boris PolevoïBoris Polevoï

«Je me suis souvenu de la fumée d'Auschwitz»

L'écrivain Boris Polevoï, correspondant de guerre du journal La Pravda à Nuremberg, qui sera bientôt célèbre dans toute l'URSS en publiant Histoire d'un homme véritable, en savait plus sur Auschwitz que de nombreux témoins du procès de Nuremberg. Il a visité le camp deux jours après sa libération par l'Armée rouge en janvier 1945. Il a parlé avec des prisonniers et des témoins et a rédigé un rapport pour la direction politique du front. Il a parlé de ses impressions sur l'interrogatoire de l'ancien commandant du camp Rudolf Höss au tribunal de Nuremberg le 15 avril 1946 dans un article pour le bureau d'information soviétique Sovinformburo. Les auteurs du projet Nuremberg. Le début de la paix l'ont trouvé dans les archives du Sovinformburo. Pour la première fois, nous publions la version intégrale de l'article du célèbre écrivain sur Auschwitz.
Marie-Claude Vaillant-CouturierMarie-Claude Vaillant-Couturier

«Nous n’avions qu’une volonté: sortir à quelques-unes vivantes»

Dès début 1945, les forces alliées ont libéré un par un les camps de concentration nazis. Le pic est survenu en avril, lorsque les soldats de la coalition anti-hitlérienne sont entrés dans les camps de Dachau, Buchenwald, Ravensbrück et Bergen-Belsen. Le monde entier a appris ce qui se passait derrière les barbelés des camps lors du procès de Nuremberg. Le témoignage le plus détaillé a été fourni par la Française Marie-Claude Vaillant-Couturier, ancienne prisonnière d'Auschwitz et de Ravensbrück. Ceux et celles qui ont survécu à ces camps devaient leur salut à l'Armée rouge: le 27 janvier 1945, les soldats soviétiques ont libéré Auschwitz, et entre le 30 avril et le 3 mai 1945, tous les camps de Ravensbrück.
Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.
Tas de chaussures de prisonniers du camp de concentration nazi d'AuschwitzTas de chaussures de prisonniers du camp de concentration nazi d'Auschwitz

Quand le monde a découvert les chambres à gaz

Les 26 et 27 février, le colonel Lev Smirnov, assistant du procureur soviétique, a lu un rapport sur l’occupation de l’URSS. Durant son discours, il a convoqué des témoins –citoyens soviétiques et polonais– qui avaient vécu ce qu’ils ont raconté au tribunal: meurtres de femmes et d’enfants par les nazis, traitement avilissant des prisonniers, enfer des ghettos juifs et des camps de la mort, destruction des monuments culturels.

Reportage de Mauthausen: une pellicule volée comme preuve du génocide

Le tribunal de Nuremberg a entendu des témoins originaires de différents pays d'Europe: c'étaient des prisonniers qui ont réussi à survivre dans les camps de concentration nazis. Leurs témoignages étaient dans leur majorité consacrés au camp autrichien de Mauthausen qui avait été un camp exemplaire du Troisième Reich. Le tribunal a non seulement entendu les témoignages des anciens prisonniers, mais a également examiné des photos uniques que les Allemands avaient prises à des fins internes. Des prisonniers ont réussi à voler les clichés et à les cacher avec l'aide d'habitants locaux.

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