Hermann Göring dans le bloc des accusés du procès de NurembergHermann Göring dans le bloc des accusés du procès de Nuremberg

Il ne s’est pas rendu vivant

Le 15 octobre 1946, le monde apprend une nouvelle sensationnelle: Herman Göring, qui avait été condamné à la mort par pendaison, s’était suicidé la veille de son exécution en évitant le déshonneur de la potence et en partant à ses propres conditions. L’accusé, connu dans le Troisième Reich comme le nazi numéro deux, aspirait à être le numéro un lors du procès de Nuremberg. Il était le seul accusé à avoir ouvertement combattu le tribunal militaire international, ne cédant pas sur ses opinions et ne se repentant pas un seul instant. Göring était très différent des autres accusés, qu’il méprisait pour leur «mollesse», «trahison des idéaux», «lâcheté» et «haute trahison». Il était un véritable Ennemi, un Mal personnifié que l’accusation a dû combattre dans une longue et épuisante bataille. Göring était un adversaire exceptionnel: malgré la haine pour lui, tous ceux qui entouraient le nazi numéro deux à Nuremberg en 1945-1946 reconnaissaient sa vaillance, sa fermeté et son caractère intransigeant d’officier de combat, d’as de l’aviation. Son comportement lors du procès est une chronique du bombardier en piqué, jusqu’à l’éperonnage dans le dernier acte.
Konstantin von Neurath // Bundesarchiv, N 1310 Bild-048 / CC-BY-SA 3.0Konstantin von Neurath // Bundesarchiv, N 1310 Bild-048 / CC-BY-SA 3.0

Un aristocrate au service d'Hitler

Konstantin von Neurath était un diplomate héréditaire de la vieille école. Il est devenu ministre des Affaires étrangères avant même l'arrivée au pouvoir des nazis, mais Hitler ne l'a d'abord pas changé et Neurath a servi le Reich pendant cinq ans. Puis, il a désapprouvé les plans agressifs du Führer et a perdu son portefeuille, mais il s'est avéré utile en tant que gouverneur de la Tchécoslovaquie occupée. De ce fait, il n'a échappé ni à la retraite ni au tribunal.
Ministre de l'économie du Reich Walther Funk // www.audiovis.nac.gov.plMinistre de l'économie du Reich Walther Funk // www.audiovis.nac.gov.pl

Ministre des couronnes d’or

Brillant journaliste économique, Walther Funk a été «utile» aux nazis de deux manières. D’un côté, il a supervisé la presse allemande et a contribué à son asservissement. Il a également été chargé de l’économie du Troisième Reich, de la privation des Juifs de leurs droits et de la confiscation de leurs biens, y compris après leur mort. La fin de sa carrière fut peu glorieuse: Funk a perdu son ancienne influence et a sombré dans la boisson.
Casque d’acier SS // Wolfmann // Creative Commons Attribution 2.0 GenericCasque d’acier SS // Wolfmann // Creative Commons Attribution 2.0 Generic

«La mort noire» dans le Troisième Reich

Aujourd'hui, la SS est un nom commun qui est associé à une extrême cruauté et à de nombreux meurtres. La réputation monstrueuse de la SS et la connaissance de l'ampleur des atrocités sans précédent sont le mérite des procès de Nuremberg: le tribunal international s'est penché de manière systématique et détaillée sur la question de la culpabilité de cette organisation, cœur du système nazi. C'est la SS qui a la responsabilité des camps de la mort. C’est la SS qui est responsable de la torture, des expériences médicales sur les prisonniers, des opérations punitives et des meurtres de masse. C'est la SS qui est responsable de la création, de la technique et de la technologie de l'Holocauste. Le projet Nuremberg. Le début de la paix raconte comment un petit groupe de gardes du corps d'Hitler est devenu la force la plus importante, la plus puissante et la plus sinistre du Troisième Reich.
Franz von PapenFranz von Papen

Les trois vies de Franz von Papen

Les 18 et 19 juin, le tribunal de Nuremberg a commencé à contre-interroger Franz von Papen, ancien chancelier, vice-chancelier et ambassadeur de l'Allemagne nazie en Autriche et en Turquie. Âgé de 67 ans, l'accusé von Papen a réussi à trahir tout ce en quoi il croyait et dont il était fier: l'honneur d'un aristocrate, la dignité d'un officier, le patriotisme d'un chancelier, les principes d'un diplomate. Il a fait partie de ceux qui ont permis à Hitler d'accéder au pouvoir et de ceux qui ont représenté l'Allemagne nazie à l'étranger. Décoré pour sa bravoure pendant la Première Guerre mondiale, il a fait preuve d'une lâcheté et d'une faiblesse sans précédent pendant la Seconde. Le plus noble des accusés à Nuremberg a été méprisé même par ses voisins de banc.
Erich Raeder et Otto Kretschmer (à gauche), commandant de sous-marin allemand le plus réussi, août 1940 // Bundesarchiv, Bild 101II-MW-0952-17 / Mannewitz / CC-BY-SA 3.0Erich Raeder et Otto Kretschmer (à gauche), commandant de sous-marin allemand le plus réussi, août 1940 // Bundesarchiv, Bild 101II-MW-0952-17 / Mannewitz / CC-BY-SA 3.0

Führer des mers

L'amiral Erich Raeder a dirigé les forces navales allemandes avant même l'arrivée au pouvoir de Hitler. Il n’adhérait pas fondamentalement à l’idéologie nazie mais espérait que les nazis seraient en mesure de rétablir la flotte militaire que le pays avait perdue à la suite de la Première Guerre mondiale. Toutefois, avant le début de la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne n'avait pas réussi à rattraper la Grande-Bretagne en termes de nombre de navires. L'amiral n'avait plus qu'une voie: une démission honorable, et après la défaite de l’Allemagne, le banc des accusés pour crimes de guerre.
Adolf Hitler sert la main au ministre de l'Armement et de la Production de guerre du Reich Albert Speer, juillet 1943Adolf Hitler sert la main au ministre de l'Armement et de la Production de guerre du Reich Albert Speer, juillet 1943

Speer dessine le Reich

Albert Speer, par la volonté du destin et de Hitler, n'a pas seulement fait une carrière vertigineuse dans le Troisième Reich. Il était probablement la seule personne pour qui Hitler avait des sentiments chaleureux. Intellectuel, doué et lucide, Speer a créé le style impérial du Troisième Reich. Il a également concentré entre ses mains toute l'industrie de guerre de l'Allemagne. L'histoire de Speer est un cas classique du problème du génie et de la méchanceté. Il est peu probable que Speer soit un génie, mais il avait beaucoup de talents. Il a construit avec talent, dirigé avec talent et échappé avec talent à la peine de mort au procès de Nuremberg.
Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.

Profession: commandant du camp de concentration

Si, jusqu'à la mi-avril 1946, les accusés ont réussi à fermer les yeux sur l'extermination massive dans les camps de concentration, affirmant qu'il s'agissait de propagande et d'exagération, ce jour-là, un homme venu témoigner au tribunal a fait une déclaration sans détour: 2,5 millions de prisonniers avaient été envoyés à la mort par lui-même; c'est lui qui incarnait la «solution finale de la question juive». Cet homme, c'était Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz. Regardons de plus près cette sorte de personnes, celle des commandants des camps de concentration nazis, qui étaient chargés d'organiser la torture et le meurtre de masse.
Вильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудияВильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудия

«L’âne qui acquiesce de la tête» et son stratège

Adolf Hitler avait une relation difficile avec l’armée. Élevés dans les traditions de l’Allemagne impériale, les officiers de carrière traitaient le caporal autrichien avec méfiance, beaucoup le méprisaient ouvertement. Le Führer a dû plus d’une fois faire face à l’opposition militaire: du sabotage discret à une tentative d’assassinat sanglante. Mais certains généraux sont devenus des piliers du régime nazi et des criminels de guerre à l’échelle internationale. Deux d’entre eux –Wilhelm Keitel et Alfred Jodl– ont signé la capitulation de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et ont comparu devant le tribunal de Nuremberg.
Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.

Rosenberg: «Le Führer m'a donné le contrôle de la Russie!»

Alfred Rosenberg est un personnage plein de paradoxes. Il n'a eu quasiment aucune fonction sérieuse, et a échoué aux postes auxquels il avait été nommé. Il a failli tuer le Parti national-socialiste dans l'œuf, mais est resté l'une des personnes les plus proches d'Hitler. Il se considérait comme un rival de Goebbels et de Ribbentrop, mais ceux-ci ne le prenaient pas au sérieux. Il était connu comme le principal idéologue du nazisme, mais ses œuvres étaient à peine lues. Hitler l'a nommé «ministre de la Russie», mais a ignoré presque tous ses projets. Pourtant, Rosenberg a quand-même été condamné à la peine capitale à Nuremberg.
Vidéo d'archives de l'interrogatoire du maréchal PaulusVidéo d'archives de l'interrogatoire du maréchal Paulus

«Le fait de tenir avec mon armée décidait du sort du peuple allemand»

L'interrogatoire du témoin de l'accusation convoqué par le parquet soviétique, Friedrich Paulus, a duré deux jours. Le 11 février, l'interrogatoire était facile pour l'ancien commandant de la 6e armée: il n'a fait que répondre aux questions du procureur soviétique Roman Roudenko relatives à la manière dont Hitler et l'état-major général préparaient une attaque contre l'URSS. Mais le lendemain, les avocats des accusés ont attaqué Paulus. Pour eux, le maréchal prisonnier n'était qu'un traître à qui on ne pouvait faire aucune confiance.
Fritz Sauckel au tribunal militaire international de NurembergFritz Sauckel au tribunal militaire international de Nuremberg

«Les hommes sont plus primitifs que les machines»

Il est peu probable qu’Ernst Friedrich Christoph Sauckel, le seul enfant d’un facteur modeste et d’une couturière, rêvait de devenir esclavagiste dans son enfance. Il n’y a sûrement pas pensé plus tard, en travaillant sur des navires suédois, norvégiens et allemands. Il est devenu matelot de 1ère classe, ce qui montre qu’il n’était pas fainéant. Il était matelot comme les autres. C’est le nazisme qui a fait de lui un esclavagiste et un criminel.

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