Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год. Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год.

Baldur von Schirach et sa pépinière de loups

Le 23 mai 1946, Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes, commence sa déposition, peut-être la plus longue et la plus déroutante de l'histoire des procès de Nuremberg. Les juges ont même évoqué la possibilité de limiter l’accusé quant au temps de son intervention. Ce dernier, en revanche, se délectait de l'occasion de parler de sa vie.

Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год. Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год.

Baldur von Schirach et sa pépinière de loups

Le 23 mai 1946, Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes, commence sa déposition, peut-être la plus longue et la plus déroutante de l'histoire des procès de Nuremberg. Les juges ont même évoqué la possibilité de limiter l’accusé quant au temps de son intervention. Ce dernier, en revanche, se délectait de l'occasion de parler de sa vie.

Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941

«Ce n’est pas ma signature!»

L’interrogatoire d’Ernst Kaltenbrunner, chef du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté du Reich, RSHA), est peut-être l’exemple le plus frappant de la manière dont les accusés de Nuremberg louvoyaient pour tenter de se dérober à leurs responsabilités. Le chef des services de renseignement du Reich a juré qu’il n’était pas au courant des atrocités commises par ses subordonnés ou bien qu’il ne pouvait pas les influencer. Il a qualifié de mensonges les déclarations de nombreux témoins, a contesté sa propre signature sur des ordres criminels. Au procès, il s’est présenté comme un démocrate qui défendait les droits de l’homme et n’avait pas peur de remettre en question même les ordres du Führer.

Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941

«Ce n’est pas ma signature!»

L’interrogatoire d’Ernst Kaltenbrunner, chef du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté du Reich, RSHA), est peut-être l’exemple le plus frappant de la manière dont les accusés de Nuremberg louvoyaient pour tenter de se dérober à leurs responsabilités. Le chef des services de renseignement du Reich a juré qu’il n’était pas au courant des atrocités commises par ses subordonnés ou bien qu’il ne pouvait pas les influencer. Il a qualifié de mensonges les déclarations de nombreux témoins, a contesté sa propre signature sur des ordres criminels. Au procès, il s’est présenté comme un démocrate qui défendait les droits de l’homme et n’avait pas peur de remettre en question même les ordres du Führer.

Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.

Profession: commandant du camp de concentration

Si, jusqu'à la mi-avril 1946, les accusés ont réussi à fermer les yeux sur l'extermination massive dans les camps de concentration, affirmant qu'il s'agissait de propagande et d'exagération, ce jour-là, un homme venu témoigner au tribunal a fait une déclaration sans détour: 2,5 millions de prisonniers avaient été envoyés à la mort par lui-même; c'est lui qui incarnait la «solution finale de la question juive». Cet homme, c'était Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz. Regardons de plus près cette sorte de personnes, celle des commandants des camps de concentration nazis, qui étaient chargés d'organiser la torture et le meurtre de masse.

Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.

Profession: commandant du camp de concentration

Si, jusqu'à la mi-avril 1946, les accusés ont réussi à fermer les yeux sur l'extermination massive dans les camps de concentration, affirmant qu'il s'agissait de propagande et d'exagération, ce jour-là, un homme venu témoigner au tribunal a fait une déclaration sans détour: 2,5 millions de prisonniers avaient été envoyés à la mort par lui-même; c'est lui qui incarnait la «solution finale de la question juive». Cet homme, c'était Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz. Regardons de plus près cette sorte de personnes, celle des commandants des camps de concentration nazis, qui étaient chargés d'organiser la torture et le meurtre de masse.

Boris PolevoïBoris Polevoï

«Je me suis souvenu de la fumée d'Auschwitz»

L'écrivain Boris Polevoï, correspondant de guerre du journal La Pravda à Nuremberg, qui sera bientôt célèbre dans toute l'URSS en publiant Histoire d'un homme véritable, en savait plus sur Auschwitz que de nombreux témoins du procès de Nuremberg. Il a visité le camp deux jours après sa libération par l'Armée rouge en janvier 1945. Il a parlé avec des prisonniers et des témoins et a rédigé un rapport pour la direction politique du front. Il a parlé de ses impressions sur l'interrogatoire de l'ancien commandant du camp Rudolf Höss au tribunal de Nuremberg le 15 avril 1946 dans un article pour le bureau d'information soviétique Sovinformburo. Les auteurs du projet Nuremberg. Le début de la paix l'ont trouvé dans les archives du Sovinformburo. Pour la première fois, nous publions la version intégrale de l'article du célèbre écrivain sur Auschwitz.

Boris PolevoïBoris Polevoï

«Je me suis souvenu de la fumée d'Auschwitz»

L'écrivain Boris Polevoï, correspondant de guerre du journal La Pravda à Nuremberg, qui sera bientôt célèbre dans toute l'URSS en publiant Histoire d'un homme véritable, en savait plus sur Auschwitz que de nombreux témoins du procès de Nuremberg. Il a visité le camp deux jours après sa libération par l'Armée rouge en janvier 1945. Il a parlé avec des prisonniers et des témoins et a rédigé un rapport pour la direction politique du front. Il a parlé de ses impressions sur l'interrogatoire de l'ancien commandant du camp Rudolf Höss au tribunal de Nuremberg le 15 avril 1946 dans un article pour le bureau d'information soviétique Sovinformburo. Les auteurs du projet Nuremberg. Le début de la paix l'ont trouvé dans les archives du Sovinformburo. Pour la première fois, nous publions la version intégrale de l'article du célèbre écrivain sur Auschwitz.

Marie-Claude Vaillant-CouturierMarie-Claude Vaillant-Couturier

«Nous n’avions qu’une volonté: sortir à quelques-unes vivantes»

Dès début 1945, les forces alliées ont libéré un par un les camps de concentration nazis. Le pic est survenu en avril, lorsque les soldats de la coalition anti-hitlérienne sont entrés dans les camps de Dachau, Buchenwald, Ravensbrück et Bergen-Belsen. Le monde entier a appris ce qui se passait derrière les barbelés des camps lors du procès de Nuremberg. Le témoignage le plus détaillé a été fourni par la Française Marie-Claude Vaillant-Couturier, ancienne prisonnière d'Auschwitz et de Ravensbrück. Ceux et celles qui ont survécu à ces camps devaient leur salut à l'Armée rouge: le 27 janvier 1945, les soldats soviétiques ont libéré Auschwitz, et entre le 30 avril et le 3 mai 1945, tous les camps de Ravensbrück.

Marie-Claude Vaillant-CouturierMarie-Claude Vaillant-Couturier

«Nous n’avions qu’une volonté: sortir à quelques-unes vivantes»

Dès début 1945, les forces alliées ont libéré un par un les camps de concentration nazis. Le pic est survenu en avril, lorsque les soldats de la coalition anti-hitlérienne sont entrés dans les camps de Dachau, Buchenwald, Ravensbrück et Bergen-Belsen. Le monde entier a appris ce qui se passait derrière les barbelés des camps lors du procès de Nuremberg. Le témoignage le plus détaillé a été fourni par la Française Marie-Claude Vaillant-Couturier, ancienne prisonnière d'Auschwitz et de Ravensbrück. Ceux et celles qui ont survécu à ces camps devaient leur salut à l'Armée rouge: le 27 janvier 1945, les soldats soviétiques ont libéré Auschwitz, et entre le 30 avril et le 3 mai 1945, tous les camps de Ravensbrück.

Вильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудияВильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудия

«L’âne qui acquiesce de la tête» et son stratège

Adolf Hitler avait une relation difficile avec l’armée. Élevés dans les traditions de l’Allemagne impériale, les officiers de carrière traitaient le caporal autrichien avec méfiance, beaucoup le méprisaient ouvertement. Le Führer a dû plus d’une fois faire face à l’opposition militaire: du sabotage discret à une tentative d’assassinat sanglante. Mais certains généraux sont devenus des piliers du régime nazi et des criminels de guerre à l’échelle internationale. Deux d’entre eux –Wilhelm Keitel et Alfred Jodl– ont signé la capitulation de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et ont comparu devant le tribunal de Nuremberg.

Вильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудияВильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудия

«L’âne qui acquiesce de la tête» et son stratège

Adolf Hitler avait une relation difficile avec l’armée. Élevés dans les traditions de l’Allemagne impériale, les officiers de carrière traitaient le caporal autrichien avec méfiance, beaucoup le méprisaient ouvertement. Le Führer a dû plus d’une fois faire face à l’opposition militaire: du sabotage discret à une tentative d’assassinat sanglante. Mais certains généraux sont devenus des piliers du régime nazi et des criminels de guerre à l’échelle internationale. Deux d’entre eux –Wilhelm Keitel et Alfred Jodl– ont signé la capitulation de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et ont comparu devant le tribunal de Nuremberg.

De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931

Obéissance à Goebbels

Le Troisième Reich a créé une machine médiatique pour contrôler les esprits, dont l’un des moteurs était la suppression physique de toute dissidence. Toutes les publications du Troisième Reich étaient contrôlées d’en haut, ceux qui n’étaient pas d’accord poursuivis et les rédacteurs en chef menacés de camp de concentration pour non obéissance. Malgré la pression qui a commencé sous la République de Weimar, la presse allemande est restée vivante et variée jusqu’au début des années 1930. Il a fallu seulement six ans pour que la presse se mette entièrement au service du régime. Découvrez le fonctionnement des médias nazis dans cet article du projet spécial «Nuremberg. Le début de la paix».
Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.
Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.

«Sous votre responsabilité, camarade Roudenko»

Le procureur le plus célèbre de l'URSS, qui a travaillé de l'époque de Staline jusqu'à celle de Brejnev, avait 38 ans quand il a pris la tête de la délégation soviétique au procès de Nuremberg. Aux États-Unis, le procureur en chef américain, Robert Jackson, a accédé au rang de héros national. Mais, en Russie et à plus forte raison dans le reste du monde, on sait trop peu de choses sur le rôle de Roman Roudenko dans la condamnation du nazisme. Il est pourtant l'un des rares juristes à qui le monde doit sa compréhension actuelle du droit, du procès équitable et de l'humanisme. Le diplomate Sergueï Roudenko est le fils de Roman Roudenko. Il nous parle de son père dans le cadre du projet «Nuremberg. Le début de la paix».
Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.

Rosenberg: «Le Führer m'a donné le contrôle de la Russie!»

Alfred Rosenberg est un personnage plein de paradoxes. Il n'a eu quasiment aucune fonction sérieuse, et a échoué aux postes auxquels il avait été nommé. Il a failli tuer le Parti national-socialiste dans l'œuf, mais est resté l'une des personnes les plus proches d'Hitler. Il se considérait comme un rival de Goebbels et de Ribbentrop, mais ceux-ci ne le prenaient pas au sérieux. Il était connu comme le principal idéologue du nazisme, mais ses œuvres étaient à peine lues. Hitler l'a nommé «ministre de la Russie», mais a ignoré presque tous ses projets. Pourtant, Rosenberg a quand-même été condamné à la peine capitale à Nuremberg.
Lettre à radio Soyuz informant du travail à Nuremberg, de Gus Mikhaïl Semenovitch. 3 mai 1946 — Original. Texte dactylographique – Archives d'État russes de la littérature et de l'art.

Document: 300.000 mots pour les auditeurs soviétiques

Mikhaïl Gus est journaliste radio soviétique, chroniqueur des affaires étrangères, publiciste et critique d'art, qui a assisté aux nombreux événements de la Seconde Guerre mondiale. Il travaille également au procès de Nuremberg. Les Soviétiques écoutent ses reportages sur le procès avec leurs lecteurs radio, des «plaques» noires qui, à l'époque, se trouvent dans tous les appartements, bureaux et usines. Le 3 mai 1946, il envoie un télégramme à radio Soyuz (Comité central de la radio et de la radio, analogue au ministère des Communications) avec un rapport sur les cinq mois passés auprès du Tribunal militaire international. En 1971, il publie «La folie de la croix gammée», livre dans lequel il témoigne de nombreux épisodes mouvementés pendant le procès.

Sélection de la langue