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témoignages ont été entendus lors du Procès de Tokyo

La source:

Marc Raguinski, «Processus de Tokyo». Grande encyclopédie soviétique

Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 20 février 1946.Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 20 février 1946.

«Nous l'avons quand-même coincé»

Du 13 au 22 mars, le tribunal a interrogé Hermann Göring, ancien président du Reichstag, ministre-président de Prusse et le ministre de l'Aviation du Reich. Pendant neuf jours, le «nazi numéro deux» a répondu aux questions des avocats et des procureurs. Ses dialogues avec les procureurs en chef américain, britannique et soviétique se sont transformés en un véritable duel. Voici les moments clés de ce drame judiciaire impressionnant.

Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 20 février 1946.Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 20 février 1946.

«Nous l'avons quand-même coincé»

Du 13 au 22 mars, le tribunal a interrogé Hermann Göring, ancien président du Reichstag, ministre-président de Prusse et le ministre de l'Aviation du Reich. Pendant neuf jours, le «nazi numéro deux» a répondu aux questions des avocats et des procureurs. Ses dialogues avec les procureurs en chef américain, britannique et soviétique se sont transformés en un véritable duel. Voici les moments clés de ce drame judiciaire impressionnant.

De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931

Obéissance à Goebbels

Le Troisième Reich a créé une machine médiatique pour contrôler les esprits, dont l’un des moteurs était la suppression physique de toute dissidence. Toutes les publications du Troisième Reich étaient contrôlées d’en haut, ceux qui n’étaient pas d’accord poursuivis et les rédacteurs en chef menacés de camp de concentration pour non obéissance. Malgré la pression qui a commencé sous la République de Weimar, la presse allemande est restée vivante et variée jusqu’au début des années 1930. Il a fallu seulement six ans pour que la presse se mette entièrement au service du régime. Découvrez le fonctionnement des médias nazis dans cet article du projet spécial «Nuremberg. Le début de la paix».

De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931

Obéissance à Goebbels

Le Troisième Reich a créé une machine médiatique pour contrôler les esprits, dont l’un des moteurs était la suppression physique de toute dissidence. Toutes les publications du Troisième Reich étaient contrôlées d’en haut, ceux qui n’étaient pas d’accord poursuivis et les rédacteurs en chef menacés de camp de concentration pour non obéissance. Malgré la pression qui a commencé sous la République de Weimar, la presse allemande est restée vivante et variée jusqu’au début des années 1930. Il a fallu seulement six ans pour que la presse se mette entièrement au service du régime. Découvrez le fonctionnement des médias nazis dans cet article du projet spécial «Nuremberg. Le début de la paix».

Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.

«Sous votre responsabilité, camarade Roudenko»

Le procureur le plus célèbre de l'URSS, qui a travaillé de l'époque de Staline jusqu'à celle de Brejnev, avait 38 ans quand il a pris la tête de la délégation soviétique au procès de Nuremberg. Aux États-Unis, le procureur en chef américain, Robert Jackson, a accédé au rang de héros national. Mais, en Russie et à plus forte raison dans le reste du monde, on sait trop peu de choses sur le rôle de Roman Roudenko dans la condamnation du nazisme. Il est pourtant l'un des rares juristes à qui le monde doit sa compréhension actuelle du droit, du procès équitable et de l'humanisme. Le diplomate Sergueï Roudenko est le fils de Roman Roudenko. Il nous parle de son père dans le cadre du projet «Nuremberg. Le début de la paix».

Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.

«Sous votre responsabilité, camarade Roudenko»

Le procureur le plus célèbre de l'URSS, qui a travaillé de l'époque de Staline jusqu'à celle de Brejnev, avait 38 ans quand il a pris la tête de la délégation soviétique au procès de Nuremberg. Aux États-Unis, le procureur en chef américain, Robert Jackson, a accédé au rang de héros national. Mais, en Russie et à plus forte raison dans le reste du monde, on sait trop peu de choses sur le rôle de Roman Roudenko dans la condamnation du nazisme. Il est pourtant l'un des rares juristes à qui le monde doit sa compréhension actuelle du droit, du procès équitable et de l'humanisme. Le diplomate Sergueï Roudenko est le fils de Roman Roudenko. Il nous parle de son père dans le cadre du projet «Nuremberg. Le début de la paix».

Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.

Rosenberg: «Le Führer m'a donné le contrôle de la Russie!»

Alfred Rosenberg est un personnage plein de paradoxes. Il n'a eu quasiment aucune fonction sérieuse, et a échoué aux postes auxquels il avait été nommé. Il a failli tuer le Parti national-socialiste dans l'œuf, mais est resté l'une des personnes les plus proches d'Hitler. Il se considérait comme un rival de Goebbels et de Ribbentrop, mais ceux-ci ne le prenaient pas au sérieux. Il était connu comme le principal idéologue du nazisme, mais ses œuvres étaient à peine lues. Hitler l'a nommé «ministre de la Russie», mais a ignoré presque tous ses projets. Pourtant, Rosenberg a quand-même été condamné à la peine capitale à Nuremberg.

Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.

Rosenberg: «Le Führer m'a donné le contrôle de la Russie!»

Alfred Rosenberg est un personnage plein de paradoxes. Il n'a eu quasiment aucune fonction sérieuse, et a échoué aux postes auxquels il avait été nommé. Il a failli tuer le Parti national-socialiste dans l'œuf, mais est resté l'une des personnes les plus proches d'Hitler. Il se considérait comme un rival de Goebbels et de Ribbentrop, mais ceux-ci ne le prenaient pas au sérieux. Il était connu comme le principal idéologue du nazisme, mais ses œuvres étaient à peine lues. Hitler l'a nommé «ministre de la Russie», mais a ignoré presque tous ses projets. Pourtant, Rosenberg a quand-même été condamné à la peine capitale à Nuremberg.

Wilhelm Frick, ministre de l'Intérieur du Troisième Reich, lors de son discours du 18 janvier 1939Wilhelm Frick, ministre de l'Intérieur du Troisième Reich, lors de son discours du 18 janvier 1939

Le premier «taureau» du Reich

Avocat de métier, Wilhelm Frick est entré dans la police dans sa jeunesse. En Allemagne, les policiers sont appelés «die Bullen», les taureaux. Au début des années 1920, il a rejoint le parti d’Adolf Hitler et a fait pression pour faciliter sa naturalisation en Allemagne. Sous le Troisième Reich, il a été ministre de l’Intérieur, a rédigé des lois discriminatoires et a détruit le droit national allemand.

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Avocat de métier, Wilhelm Frick est entré dans la police dans sa jeunesse. En Allemagne, les policiers sont appelés «die Bullen», les taureaux. Au début des années 1920, il a rejoint le parti d’Adolf Hitler et a fait pression pour faciliter sa naturalisation en Allemagne. Sous le Troisième Reich, il a été ministre de l’Intérieur, a rédigé des lois discriminatoires et a détruit le droit national allemand.

Les enfants allemands vont chercher du lait, Berlin, mai 1945 / Projet «Le dernier exploit de Nikolaï Berzarine»Les enfants allemands vont chercher du lait, Berlin, mai 1945 / Projet «Le dernier exploit de Nikolaï Berzarine»

Les Russes à Berlin: cuisines de campagne, vaccins, lait

Le procès de Nuremberg a servi de base à la philosophie et à la pratique d’un humanisme d’après-guerre en marquant le début d’un monde nouveau. Mais les caractéristiques de ce monde-là étaient apparues un peu plus tôt, quand l’armée soviétique est entrée dans la capitale de son ennemi mortel, dans le Berlin vaincu, qu’elle a hissé sa bannière au-dessus du Reichstag et sauvé des millions d’Allemands de la famine.

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Une jeune femme, membre de la Résistance, le 20 août 1944Une jeune femme, membre de la Résistance, le 20 août 1944

La puissance de la Résistance à Nuremberg

La France est la seule puissance victorieuse à avoir vécu sous occupation nazie. La collaboration y est devenue un problème national. Le procès de Nuremberg a donc marqué le début d’une nouvelle identité pour le pays. Les procureurs français sélectionnés par de Gaulle avaient un point commun: tous avaient fait partie de la Résistance.

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Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.

Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.

La Polonaise Severina Shmaglevskaja convoquée en tant que témoin par le tribunal de Nuremberg Photo d'Evguéni Khaldeï. Archives d’État de documents cinématographiques et photographiques de Russie, Arch. № В-2469, В-3199.La Polonaise Severina Shmaglevskaja convoquée en tant que témoin par le tribunal de Nuremberg Photo d'Evguéni Khaldeï. Archives d’État de documents cinématographiques et photographiques de Russie, Arch. № В-2469, В-3199.

Témoignage de Severina Shmaglevskaja, déportée d'Auschwitz

Le 27 février, les procureurs soviétiques ont convoqué en tant que témoin Severina Shmaglevskaja, citoyenne polonaise. Elle était prisonnière au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau d’où elle s’est enfuie en janvier 1945.

La Polonaise Severina Shmaglevskaja convoquée en tant que témoin par le tribunal de Nuremberg Photo d'Evguéni Khaldeï. Archives d’État de documents cinématographiques et photographiques de Russie, Arch. № В-2469, В-3199.La Polonaise Severina Shmaglevskaja convoquée en tant que témoin par le tribunal de Nuremberg Photo d'Evguéni Khaldeï. Archives d’État de documents cinématographiques et photographiques de Russie, Arch. № В-2469, В-3199.

Témoignage de Severina Shmaglevskaja, déportée d'Auschwitz

Le 27 février, les procureurs soviétiques ont convoqué en tant que témoin Severina Shmaglevskaja, citoyenne polonaise. Elle était prisonnière au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau d’où elle s’est enfuie en janvier 1945.

Tas de chaussures de prisonniers du camp de concentration nazi d'Auschwitz

Quand le monde a découvert les chambres à gaz

Les 26 et 27 février, le colonel Lev Smirnov, assistant du procureur soviétique, a lu un rapport sur l’occupation de l’URSS. Durant son discours, il a convoqué des témoins –citoyens soviétiques et polonais– qui avaient vécu ce qu’ils ont raconté au tribunal: meurtres de femmes et d’enfants par les nazis, traitement avilissant des prisonniers, enfer des ghettos juifs et des camps de la mort, destruction des monuments culturels.

Reportage de Mauthausen: une pellicule volée comme preuve du génocide

Le tribunal de Nuremberg a entendu des témoins originaires de différents pays d'Europe: c'étaient des prisonniers qui ont réussi à survivre dans les camps de concentration nazis. Leurs témoignages étaient dans leur majorité consacrés au camp autrichien de Mauthausen qui avait été un camp exemplaire du Troisième Reich. Le tribunal a non seulement entendu les témoignages des anciens prisonniers, mais a également examiné des photos uniques que les Allemands avaient prises à des fins internes. Des prisonniers ont réussi à voler les clichés et à les cacher avec l'aide d'habitants locaux.
Lettre à radio Soyuz informant du travail à Nuremberg, de Gus Mikhaïl Semenovitch. 3 mai 1946 — Original. Texte dactylographique – Archives d'État russes de la littérature et de l'art.

Document: 300.000 mots pour les auditeurs soviétiques

Mikhaïl Gus est journaliste radio soviétique, chroniqueur des affaires étrangères, publiciste et critique d'art, qui a assisté aux nombreux événements de la Seconde Guerre mondiale. Il travaille également au procès de Nuremberg. Les Soviétiques écoutent ses reportages sur le procès avec leurs lecteurs radio, des «plaques» noires qui, à l'époque, se trouvent dans tous les appartements, bureaux et usines. Le 3 mai 1946, il envoie un télégramme à radio Soyuz (Comité central de la radio et de la radio, analogue au ministère des Communications) avec un rapport sur les cinq mois passés auprès du Tribunal militaire international. En 1971, il publie «La folie de la croix gammée», livre dans lequel il témoigne de nombreux épisodes mouvementés pendant le procès.

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