Planche du test de RorschachPlanche du test de Rorschach

Patients de Nuremberg

Chacun qui a assisté au procès de Nuremberg s’est inévitablement posé la question suivante: les accusés ne sont-ils pas des malades mentaux? Peut-être sont-ils tous des obsédés, des psychopathes, des sadiques dérangés? Parmi le personnel du tribunal international, il y avait ceux qui devaient préciser cet aspect au niveau professionnel: psychiatres et psychologues. Explorant les paradoxes de la psychologie nazie, ils ont erré jour après jour dans les sombres recoins du subconscient des plus grands méchants de l'Histoire. Mais les conclusions tirées après de nombreux tests et examens ont découragé même les spécialistes.

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Patients de Nuremberg

Chacun qui a assisté au procès de Nuremberg s’est inévitablement posé la question suivante: les accusés ne sont-ils pas des malades mentaux? Peut-être sont-ils tous des obsédés, des psychopathes, des sadiques dérangés? Parmi le personnel du tribunal international, il y avait ceux qui devaient préciser cet aspect au niveau professionnel: psychiatres et psychologues. Explorant les paradoxes de la psychologie nazie, ils ont erré jour après jour dans les sombres recoins du subconscient des plus grands méchants de l'Histoire. Mais les conclusions tirées après de nombreux tests et examens ont découragé même les spécialistes.

L’accusé Julius Streicher lors du procès de Nuremberg, décembre 1945 // Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d'archives B-2476L’accusé Julius Streicher lors du procès de Nuremberg, décembre 1945 // Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d'archives B-2476

L’attaquant au fouet

Julius Streicher a été le prévenu le plus odieux du procès de Nuremberg. Au poste de Gauleiter nazi de Franconie, à laquelle appartenait Nuremberg, il «s’est fait un nom» par sa violence, sa débauche et ses manipulations financières. Son journal antisémite Der Stürmer écœurait même les dirigeants nazis. Sans le patronage d’Hitler, il aurait pu être exécuté sous le Troisième Reich.

L’accusé Julius Streicher lors du procès de Nuremberg, décembre 1945 // Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d'archives B-2476L’accusé Julius Streicher lors du procès de Nuremberg, décembre 1945 // Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d'archives B-2476

L’attaquant au fouet

Julius Streicher a été le prévenu le plus odieux du procès de Nuremberg. Au poste de Gauleiter nazi de Franconie, à laquelle appartenait Nuremberg, il «s’est fait un nom» par sa violence, sa débauche et ses manipulations financières. Son journal antisémite Der Stürmer écœurait même les dirigeants nazis. Sans le patronage d’Hitler, il aurait pu être exécuté sous le Troisième Reich.

Hans Frank dans sa cellule, novembre 1945Hans Frank dans sa cellule, novembre 1945

Hans Frank, avocat d'Hitler

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Adolf Hitler avait aussi son propre avocat: Hans Michael Frank. Sans s'opposer au national-socialisme ni à la suppression des opposants au Reich, il était néanmoins un grand défenseur du droit, mais du «droit» que le nazisme a créé. Frank n'était pas du tout gêné par les répressions les plus inhumaines. Seulement, comme il le croyait, l'État ne pouvait emprisonner ou tuer que conformément à la loi.

Hans Frank dans sa cellule, novembre 1945Hans Frank dans sa cellule, novembre 1945

Hans Frank, avocat d'Hitler

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Adolf Hitler avait aussi son propre avocat: Hans Michael Frank. Sans s'opposer au national-socialisme ni à la suppression des opposants au Reich, il était néanmoins un grand défenseur du droit, mais du «droit» que le nazisme a créé. Frank n'était pas du tout gêné par les répressions les plus inhumaines. Seulement, comme il le croyait, l'État ne pouvait emprisonner ou tuer que conformément à la loi.

Franz von PapenFranz von Papen

Les trois vies de Franz von Papen

Les 18 et 19 juin, le tribunal de Nuremberg a commencé à contre-interroger Franz von Papen, ancien chancelier, vice-chancelier et ambassadeur de l'Allemagne nazie en Autriche et en Turquie. Âgé de 67 ans, l'accusé von Papen a réussi à trahir tout ce en quoi il croyait et dont il était fier: l'honneur d'un aristocrate, la dignité d'un officier, le patriotisme d'un chancelier, les principes d'un diplomate. Il a fait partie de ceux qui ont permis à Hitler d'accéder au pouvoir et de ceux qui ont représenté l'Allemagne nazie à l'étranger. Décoré pour sa bravoure pendant la Première Guerre mondiale, il a fait preuve d'une lâcheté et d'une faiblesse sans précédent pendant la Seconde. Le plus noble des accusés à Nuremberg a été méprisé même par ses voisins de banc.

Franz von PapenFranz von Papen

Les trois vies de Franz von Papen

Les 18 et 19 juin, le tribunal de Nuremberg a commencé à contre-interroger Franz von Papen, ancien chancelier, vice-chancelier et ambassadeur de l'Allemagne nazie en Autriche et en Turquie. Âgé de 67 ans, l'accusé von Papen a réussi à trahir tout ce en quoi il croyait et dont il était fier: l'honneur d'un aristocrate, la dignité d'un officier, le patriotisme d'un chancelier, les principes d'un diplomate. Il a fait partie de ceux qui ont permis à Hitler d'accéder au pouvoir et de ceux qui ont représenté l'Allemagne nazie à l'étranger. Décoré pour sa bravoure pendant la Première Guerre mondiale, il a fait preuve d'une lâcheté et d'une faiblesse sans précédent pendant la Seconde. Le plus noble des accusés à Nuremberg a été méprisé même par ses voisins de banc.

Interprètes lors d'une audience au tribunal militaire international. Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d’archive В-3015.Interprètes lors d'une audience au tribunal militaire international. Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d’archive В-3015.

«Le procès de Nuremberg n'aurait pas eu lieu sans traducteurs»

Au tribunal de Nuremberg, tout était nouveau, y compris l'interprétation simultanée internationale. C’est au procès qu’elle a été inventée et mise en œuvre. L'interprétation simultanée était nécessaire pour le Nouveau Monde, qui allait vivre sans guerre. Les pays et les peuples ont réussi à s'entendre dans tous les sens: un seul espace de dialogue a été assuré par les traducteurs, qui avaient quasiment la plus grande responsabilité et qui n'avaient jamais rien fait de tel, ni avant ni après. C'était particulièrement difficile pour les interprètes simultanés soviétiques, mais c’est avec brio qu’ils ont réussi cette épreuve exceptionnelle.

Interprètes lors d'une audience au tribunal militaire international. Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d’archive В-3015.Interprètes lors d'une audience au tribunal militaire international. Archives d'État russes des documents cinématographiques et photographiques, numéro d’archive В-3015.

«Le procès de Nuremberg n'aurait pas eu lieu sans traducteurs»

Au tribunal de Nuremberg, tout était nouveau, y compris l'interprétation simultanée internationale. C’est au procès qu’elle a été inventée et mise en œuvre. L'interprétation simultanée était nécessaire pour le Nouveau Monde, qui allait vivre sans guerre. Les pays et les peuples ont réussi à s'entendre dans tous les sens: un seul espace de dialogue a été assuré par les traducteurs, qui avaient quasiment la plus grande responsabilité et qui n'avaient jamais rien fait de tel, ni avant ni après. C'était particulièrement difficile pour les interprètes simultanés soviétiques, mais c’est avec brio qu’ils ont réussi cette épreuve exceptionnelle.

Caladium bicolorCaladium bicolor

«Trois millions de bolcheviks capturés peuvent être stérilisés»

L'un des sujets qui ne sont pas encore suffisamment développés dans l'historiographie est les expériences de stérilisation de masse qui ont eu lieu sous le patronage du Reichsführer-SS Heinrich Himmler entre 1941 et 1945. Malheureusement, il n'y a toujours pas d'études qui mettraient en évidence le problème de l'infertilité forcée dans de grands groupes humains. Dans le cadre du cycle documentaire Génocide. Plan du Reich, que le projet Nuremberg. Le début de la paix réalise avec l'Assemblée des peuples d'Eurasie et Yegor Yakovlev, historien, président de la Fondation d'histoire numérique, nous publions des documents qui racontent les tentatives de la SS de mettre au point un médicament miracle à base du jus d’une plante sud-américaine.

Caladium bicolorCaladium bicolor

«Trois millions de bolcheviks capturés peuvent être stérilisés»

L'un des sujets qui ne sont pas encore suffisamment développés dans l'historiographie est les expériences de stérilisation de masse qui ont eu lieu sous le patronage du Reichsführer-SS Heinrich Himmler entre 1941 et 1945. Malheureusement, il n'y a toujours pas d'études qui mettraient en évidence le problème de l'infertilité forcée dans de grands groupes humains. Dans le cadre du cycle documentaire Génocide. Plan du Reich, que le projet Nuremberg. Le début de la paix réalise avec l'Assemblée des peuples d'Eurasie et Yegor Yakovlev, historien, président de la Fondation d'histoire numérique, nous publions des documents qui racontent les tentatives de la SS de mettre au point un médicament miracle à base du jus d’une plante sud-américaine.

Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год. Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год.

Baldur von Schirach et sa pépinière de loups

Le 23 mai 1946, Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes, commence sa déposition, peut-être la plus longue et la plus déroutante de l'histoire des procès de Nuremberg. Les juges ont même évoqué la possibilité de limiter l’accusé quant au temps de son intervention. Ce dernier, en revanche, se délectait de l'occasion de parler de sa vie.

Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год. Захваченные в плен британскими войсками юные бойцы гитлерюгенда в районе города Букстехуде. 1944 год.

Baldur von Schirach et sa pépinière de loups

Le 23 mai 1946, Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes, commence sa déposition, peut-être la plus longue et la plus déroutante de l'histoire des procès de Nuremberg. Les juges ont même évoqué la possibilité de limiter l’accusé quant au temps de son intervention. Ce dernier, en revanche, se délectait de l'occasion de parler de sa vie.

«Je n'ai parlé à personne du procès» - partie 1

Serafima Ponomareva, étudiante du MGIMO, a été au front, a laissé sa signature sur le mur du Reichstag et a travaillé comme interprète au procès de Nuremberg à l'âge de 18 ans. Les événements de cette période de sa vie sont encore vivaces dans sa mémoire, alors qu'elle a 94 ans. Nous avons filmé et mis par écrit son histoire. Nous présentons sa version des événements passés sans corrections et dans leur intégralité, comme elle s'en souvient. Aujourd'hui, voici la première partie du cycle multimédia sur cette interprète.

«Je n'ai parlé à personne du procès» - partie 1

Serafima Ponomareva, étudiante du MGIMO, a été au front, a laissé sa signature sur le mur du Reichstag et a travaillé comme interprète au procès de Nuremberg à l'âge de 18 ans. Les événements de cette période de sa vie sont encore vivaces dans sa mémoire, alors qu'elle a 94 ans. Nous avons filmé et mis par écrit son histoire. Nous présentons sa version des événements passés sans corrections et dans leur intégralité, comme elle s'en souvient. Aujourd'hui, voici la première partie du cycle multimédia sur cette interprète.

Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941

«Ce n’est pas ma signature!»

L’interrogatoire d’Ernst Kaltenbrunner, chef du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté du Reich, RSHA), est peut-être l’exemple le plus frappant de la manière dont les accusés de Nuremberg louvoyaient pour tenter de se dérober à leurs responsabilités. Le chef des services de renseignement du Reich a juré qu’il n’était pas au courant des atrocités commises par ses subordonnés ou bien qu’il ne pouvait pas les influencer. Il a qualifié de mensonges les déclarations de nombreux témoins, a contesté sa propre signature sur des ordres criminels. Au procès, il s’est présenté comme un démocrate qui défendait les droits de l’homme et n’avait pas peur de remettre en question même les ordres du Führer.

Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941Kaltenbrunner, le commandant du camp Franz Ziereis, Himmler et Eigruber lors de l'Inspection du camp de concentration de Mauthausen en avril 1941

«Ce n’est pas ma signature!»

L’interrogatoire d’Ernst Kaltenbrunner, chef du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté du Reich, RSHA), est peut-être l’exemple le plus frappant de la manière dont les accusés de Nuremberg louvoyaient pour tenter de se dérober à leurs responsabilités. Le chef des services de renseignement du Reich a juré qu’il n’était pas au courant des atrocités commises par ses subordonnés ou bien qu’il ne pouvait pas les influencer. Il a qualifié de mensonges les déclarations de nombreux témoins, a contesté sa propre signature sur des ordres criminels. Au procès, il s’est présenté comme un démocrate qui défendait les droits de l’homme et n’avait pas peur de remettre en question même les ordres du Führer.

Jumeaux cousus, prise de sang et autres expériences

Les expériences médicales sur les enfants sont l'une des pages les plus terribles et les plus répugnantes du nazisme. Des milliers d'enfants ont été saignés, infectés par des maladies mortelles ou mutilées. Joseph Mengele, médecin en chef du camp de Birkenau (une des subdivisions du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau), qui s'est concentré sur les expériences sur les prisonniers, y compris les enfants, est devenu funestement célèbre. Les prisonniers l'appelaient l'Ange de la Mort.

Jumeaux cousus, prise de sang et autres expériences

Les expériences médicales sur les enfants sont l'une des pages les plus terribles et les plus répugnantes du nazisme. Des milliers d'enfants ont été saignés, infectés par des maladies mortelles ou mutilées. Joseph Mengele, médecin en chef du camp de Birkenau (une des subdivisions du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau), qui s'est concentré sur les expériences sur les prisonniers, y compris les enfants, est devenu funestement célèbre. Les prisonniers l'appelaient l'Ange de la Mort.

Adolf Hitler sert la main au ministre de l'Armement et de la Production de guerre du Reich Albert Speer, juillet 1943

Speer dessine le Reich

Albert Speer, par la volonté du destin et de Hitler, n'a pas seulement fait une carrière vertigineuse dans le Troisième Reich. Il était probablement la seule personne pour qui Hitler avait des sentiments chaleureux. Intellectuel, doué et lucide, Speer a créé le style impérial du Troisième Reich. Il a également concentré entre ses mains toute l'industrie de guerre de l'Allemagne. L'histoire de Speer est un cas classique du problème du génie et de la méchanceté. Il est peu probable que Speer soit un génie, mais il avait beaucoup de talents. Il a construit avec talent, dirigé avec talent et échappé avec talent à la peine de mort au procès de Nuremberg.
Marie-Claude Vaillant-Couturier

«Nous n’avions qu’une volonté: sortir à quelques-unes vivantes»

Dès début 1945, les forces alliées ont libéré un par un les camps de concentration nazis. Le pic est survenu en avril, lorsque les soldats de la coalition anti-hitlérienne sont entrés dans les camps de Dachau, Buchenwald, Ravensbrück et Bergen-Belsen. Le monde entier a appris ce qui se passait derrière les barbelés des camps lors du procès de Nuremberg. Le témoignage le plus détaillé a été fourni par la Française Marie-Claude Vaillant-Couturier, ancienne prisonnière d'Auschwitz et de Ravensbrück. Ceux et celles qui ont survécu à ces camps devaient leur salut à l'Armée rouge: le 27 janvier 1945, les soldats soviétiques ont libéré Auschwitz, et entre le 30 avril et le 3 mai 1945, tous les camps de Ravensbrück.
Вильгельм Кейтель и Альфред Йодль на скамье подсудимых в зале N 600 Нюрнбергского Дворца правосудия

«L’âne qui acquiesce de la tête» et son stratège

Adolf Hitler avait une relation difficile avec l’armée. Élevés dans les traditions de l’Allemagne impériale, les officiers de carrière traitaient le caporal autrichien avec méfiance, beaucoup le méprisaient ouvertement. Le Führer a dû plus d’une fois faire face à l’opposition militaire: du sabotage discret à une tentative d’assassinat sanglante. Mais certains généraux sont devenus des piliers du régime nazi et des criminels de guerre à l’échelle internationale. Deux d’entre eux –Wilhelm Keitel et Alfred Jodl– ont signé la capitulation de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et ont comparu devant le tribunal de Nuremberg.
Boris Polevoï

«Je me suis souvenu de la fumée d'Auschwitz»

L'écrivain Boris Polevoï, correspondant de guerre du journal La Pravda à Nuremberg, qui sera bientôt célèbre dans toute l'URSS en publiant Histoire d'un homme véritable, en savait plus sur Auschwitz que de nombreux témoins du procès de Nuremberg. Il a visité le camp deux jours après sa libération par l'Armée rouge en janvier 1945. Il a parlé avec des prisonniers et des témoins et a rédigé un rapport pour la direction politique du front. Il a parlé de ses impressions sur l'interrogatoire de l'ancien commandant du camp Rudolf Höss au tribunal de Nuremberg le 15 avril 1946 dans un article pour le bureau d'information soviétique Sovinformburo. Les auteurs du projet Nuremberg. Le début de la paix l'ont trouvé dans les archives du Sovinformburo. Pour la première fois, nous publions la version intégrale de l'article du célèbre écrivain sur Auschwitz.
De jeunes Allemands lisent le journal du NSDAP Völkischer Beobachter, le 18 mai 1931

Obéissance à Goebbels

Le Troisième Reich a créé une machine médiatique pour contrôler les esprits, dont l’un des moteurs était la suppression physique de toute dissidence. Toutes les publications du Troisième Reich étaient contrôlées d’en haut, ceux qui n’étaient pas d’accord poursuivis et les rédacteurs en chef menacés de camp de concentration pour non obéissance. Malgré la pression qui a commencé sous la République de Weimar, la presse allemande est restée vivante et variée jusqu’au début des années 1930. Il a fallu seulement six ans pour que la presse se mette entièrement au service du régime. Découvrez le fonctionnement des médias nazis dans cet article du projet spécial «Nuremberg. Le début de la paix».
Le correspondant de guerre de la Pravda Boris Polevoï, 1943

«Le tribunal est las d'écouter les commérages»

Dès le premier jour du procès, la Pravda, principal journal de l'URSS, publiait régulièrement des dépêches de l'agence de presse TASS. Mais ce sont les écrivains et journalistes les plus connus qui ont parlé des événements clés du procès. C'est le cas de Boris Polevoï, envoyé spécial de la Pravda à Nuremberg. Il est l'auteur d'un reportage éloquent consacré à l'interrogatoire de Hermann Göring, accusé numéro un du procès.
Roman Roudenko et Youri Gagarine. Photo des archives personnelles de la famille Roudenko.

«Sous votre responsabilité, camarade Roudenko»

Le procureur le plus célèbre de l'URSS, qui a travaillé de l'époque de Staline jusqu'à celle de Brejnev, avait 38 ans quand il a pris la tête de la délégation soviétique au procès de Nuremberg. Aux États-Unis, le procureur en chef américain, Robert Jackson, a accédé au rang de héros national. Mais, en Russie et à plus forte raison dans le reste du monde, on sait trop peu de choses sur le rôle de Roman Roudenko dans la condamnation du nazisme. Il est pourtant l'un des rares juristes à qui le monde doit sa compréhension actuelle du droit, du procès équitable et de l'humanisme. Le diplomate Sergueï Roudenko est le fils de Roman Roudenko. Il nous parle de son père dans le cadre du projet «Nuremberg. Le début de la paix».
Alfred Rosenberg prend la parole à l'ouverture de l'exposition «L 'Allemagne éternelle» à Berlin, 1934.

Rosenberg: «Le Führer m'a donné le contrôle de la Russie!»

Alfred Rosenberg est un personnage plein de paradoxes. Il n'a eu quasiment aucune fonction sérieuse, et a échoué aux postes auxquels il avait été nommé. Il a failli tuer le Parti national-socialiste dans l'œuf, mais est resté l'une des personnes les plus proches d'Hitler. Il se considérait comme un rival de Goebbels et de Ribbentrop, mais ceux-ci ne le prenaient pas au sérieux. Il était connu comme le principal idéologue du nazisme, mais ses œuvres étaient à peine lues. Hitler l'a nommé «ministre de la Russie», mais a ignoré presque tous ses projets. Pourtant, Rosenberg a quand-même été condamné à la peine capitale à Nuremberg.
Prisonniers du camp d’Auschwitz, janvier 1945.

Profession: commandant du camp de concentration

Si, jusqu'à la mi-avril 1946, les accusés ont réussi à fermer les yeux sur l'extermination massive dans les camps de concentration, affirmant qu'il s'agissait de propagande et d'exagération, ce jour-là, un homme venu témoigner au tribunal a fait une déclaration sans détour: 2,5 millions de prisonniers avaient été envoyés à la mort par lui-même; c'est lui qui incarnait la «solution finale de la question juive». Cet homme, c'était Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz. Regardons de plus près cette sorte de personnes, celle des commandants des camps de concentration nazis, qui étaient chargés d'organiser la torture et le meurtre de masse.

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